Les festivals en arrachent par manque de financement

Moratoire de trois ans du ministère du Tourisme

Julie Lambert julie.lambert@tc.tc Publié le 3 mars 2016

La gibelotte sera moins présente au centre-ville cet été.

©Photo: Gracieuseté - Audrey Chagot

Différents facteurs peuvent faire en sorte qu’un festival connaît ou non du succès, mais le financement demeure déterminant pour les organisateurs. En raison de la situation économique du Québec, plusieurs festivals même bien ancrés depuis des années éprouvent des difficultés.

Le directeur général de Festivals et Événements Québec, Pierre-Paul Leduc, confirme que la situation des festivals au Québec n’est guère encourageante en ce moment.

Selon lui, les difficultés actuellement vécues au niveau financier par les organisateurs d’événements dans la province proviennent entre autres de la disparition des Conférences régionales des élus (CRÉ) et des Centres locaux de développement (CLD), du gel des subventions octroyées par le programme de subvention du ministère du Tourisme et des commandites qui sont également en diminution.

« Je comprends qu’avec sa dette accumulée, le Festival de la gibelotte n’était plus capable de poursuivre ses activités cette année. Il n’est pas le seul. Le Carnaval de Québec en est un exemple. Il est normal que des festivals naissent et disparaissent. Les raisons peuvent toutefois varier. Ça peut être une question de mode, de thématique et de sa faculté à se renouveler, mais c’est souvent dû au financement », croit-il.

Les sommes provenant des commanditaires et des subventions gouvernementales ne sont pas assez suffisantes pour supporter les organisateurs d’événements qui accumulent les dettes et se tournent majoritairement vers la tarification à l’entrée pour s’assurer des revenus adéquats pour survivre, explique-t-il.

« Financer un festival, c’est tout un défi et ce n’est pas une mince tâche. La marge de profitabilité des organismes est très basse alors que les retombées économiques et sociales sont immenses pour les municipalités. Les festivals devraient être davantage soutenus et le moratoire du gouvernement n’aide pas du tout », déplore-t-il.

Depuis 2014, le ministère du Tourisme a mis en place un moratoire sur son programme d’aide financière aux festivals et événements du Québec. Depuis sa mise en place, aucun nouveau festival ou événement n’a été soutenu et ne le sera avant que le gouvernement termine sa réflexion, souligne son porte-parole, Guy Simard.

« Les critères du programme demeurent inchangés dans l’attente des nouveaux paramètres qui seront connus ultérieurement. Le programme fait partie présentement de la réflexion portant sur la révision du modèle d’affaires et de gouvernance en tourisme », conclut M. Simard.

À lire aussi:

- Pause du Festival de la gibelotte : une mobilisation citoyenne voit le jour

- Trois festivals sont disparus en à peine cinq ans dans la région  

Moyenne de distribution des revenus de 274 festivals au Québec
Commandites* : 34%
Subventions : 26%
Revenus de fréquentation : 21%
Ventes de produits : 10%
Autres recettes : 9%
* Le montant en commandites provenant du secteur privé est de 4 fois plus élevé que les commandites du secteur public.
Source : Festivals et Événements Québec
Subventions du ministère du Tourisme
Année   Nombre de Festival soutenus Total de l’aide financière accordée
2014-2015 135 15 177 637$
2015-2016 123 15 022 500$
Aide financière accordée par le ministère du Tourisme au Festival de la gibelotte
De 2011 à 2016 : 10 000$ chaque année

En manchette

Northex Environnement donne une seconde vie aux sols contaminés

Après dix ans de travail pour développer une nouvelle technologie, l’entreprise Northex Environnement a ouvert officiellement les portes de sa nouvelle usine traitant les sols contaminés en métaux lourds, le 24 mai dernier, à Contrecœur. Un projet estimé à 5 M$ qui donnera une seconde vie à ses sols contaminés.

Un mandat de grève voté à 97% chez Kildair

Après plusieurs mois, les négociations pour la signature d’une nouvelle convention collective entre la direction et le syndicat chez Kildair sont au point mort. Dans le but de continuer les discussions, une quarantaine d’employés ont voté à 97%, le 16 mai dernier, en faveur de l’utilisation de moyens de pression, y compris la grève.

Les festivals en arrachent par manque de financement

Moratoire de trois ans du ministère du Tourisme

Julie Lambert julie.lambert@tc.tc Publié le 3 mars 2016

La gibelotte sera moins présente au centre-ville cet été.

©Photo: Gracieuseté - Audrey Chagot


Différents facteurs peuvent faire en sorte qu’un festival connaît ou non du succès, mais le financement demeure déterminant pour les organisateurs. En raison de la situation économique du Québec, plusieurs festivals même bien ancrés depuis des années éprouvent des difficultés.

Le directeur général de Festivals et Événements Québec, Pierre-Paul Leduc, confirme que la situation des festivals au Québec n’est guère encourageante en ce moment.

Selon lui, les difficultés actuellement vécues au niveau financier par les organisateurs d’événements dans la province proviennent entre autres de la disparition des Conférences régionales des élus (CRÉ) et des Centres locaux de développement (CLD), du gel des subventions octroyées par le programme de subvention du ministère du Tourisme et des commandites qui sont également en diminution.

« Je comprends qu’avec sa dette accumulée, le Festival de la gibelotte n’était plus capable de poursuivre ses activités cette année. Il n’est pas le seul. Le Carnaval de Québec en est un exemple. Il est normal que des festivals naissent et disparaissent. Les raisons peuvent toutefois varier. Ça peut être une question de mode, de thématique et de sa faculté à se renouveler, mais c’est souvent dû au financement », croit-il.

Les sommes provenant des commanditaires et des subventions gouvernementales ne sont pas assez suffisantes pour supporter les organisateurs d’événements qui accumulent les dettes et se tournent majoritairement vers la tarification à l’entrée pour s’assurer des revenus adéquats pour survivre, explique-t-il.

« Financer un festival, c’est tout un défi et ce n’est pas une mince tâche. La marge de profitabilité des organismes est très basse alors que les retombées économiques et sociales sont immenses pour les municipalités. Les festivals devraient être davantage soutenus et le moratoire du gouvernement n’aide pas du tout », déplore-t-il.

Depuis 2014, le ministère du Tourisme a mis en place un moratoire sur son programme d’aide financière aux festivals et événements du Québec. Depuis sa mise en place, aucun nouveau festival ou événement n’a été soutenu et ne le sera avant que le gouvernement termine sa réflexion, souligne son porte-parole, Guy Simard.

« Les critères du programme demeurent inchangés dans l’attente des nouveaux paramètres qui seront connus ultérieurement. Le programme fait partie présentement de la réflexion portant sur la révision du modèle d’affaires et de gouvernance en tourisme », conclut M. Simard.

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- Pause du Festival de la gibelotte : une mobilisation citoyenne voit le jour

- Trois festivals sont disparus en à peine cinq ans dans la région  

Moyenne de distribution des revenus de 274 festivals au Québec
Commandites* : 34%
Subventions : 26%
Revenus de fréquentation : 21%
Ventes de produits : 10%
Autres recettes : 9%
* Le montant en commandites provenant du secteur privé est de 4 fois plus élevé que les commandites du secteur public.
Source : Festivals et Événements Québec
Subventions du ministère du Tourisme
Année   Nombre de Festival soutenus Total de l’aide financière accordée
2014-2015 135 15 177 637$
2015-2016 123 15 022 500$
Aide financière accordée par le ministère du Tourisme au Festival de la gibelotte
De 2011 à 2016 : 10 000$ chaque année