Une femme qui n’a pas froid aux yeux

Entrevue de la semaine

Sarah-Eve Charland sarah-eve.charland@tc.tc Publié le 21 mars 2016

La policière Lucie Poirier s’est impliquée dans la région au cours des 33 dernières années.

©TC Média - Sarah-Eve Charland

Chaque semaine, le «Journal» présentera une entrevue avec un personnage ayant marqué le milieu régional par son implication ou ses actions. La policière Lucie Poirier, qui a été la première femme à intégrer le service de police de Sorel en 1983, a bien voulu raconter sa carrière alors qu’elle prend sa retraite aujourd’hui, le 22 mars.

Rencontrée quelques jours avant sa retraite, Mme Poirier, âgée de 55 ans, était fébrile de laisser son uniforme de la Sûreté du Québec. Mais elle a le sentiment du devoir accompli.

« Je pense avoir donné pour ma région. J’ai touché à plusieurs aspects du métier. Je suis fière de ma carrière », affirme-t-elle.

Sa carrière a commencé d’une façon inhabituelle alors qu’elle a intégré le service policier de Sorel, un milieu entièrement composé d’hommes, en 1983.

« Quand j’étais jeune, je ne savais pas quoi faire comme métier. Je ne voulais pas d’une job de bureau et je voulais aider les gens. J’aimais bien être dans les cadets. Lorsque mon père m’a dit qu’on acceptait des femmes en technique policière, je me suis lancée là-dedans. C’était ma vocation », raconte-t-elle.

Intégrer ce milieu masculin n’a pas été une simple tâche. Armée de son caractère, elle a su se forger une place, assure-t-elle.

« Même une femme que j’avais interceptée ne voulait pas se faire donner une contravention par une femme! J’ai prouvé que je pouvais être une bonne policière auprès de la génération précédente de policiers. Il n’y a pas que la force physique. J’ai réussi à démontrer qu’on pouvait faire le travail, mais en communiquant. J’ai apporté ma touche féminine. »

Multitâches

Après avoir patrouillé pendant 13 ans, elle s’est retrouvée aux enquêtes criminelles, spécialisée dans les agressions sexuelles et les abus d’enfants.

« J’ai eu à rencontrer des victimes de tous âges. C’était quelque chose. Quand on réussit à avoir des aveux ou à faire emprisonner un criminel, c’est un grand soulagement. Après avoir mis autant de temps et d’efforts, on ressent le sentiment du devoir accompli. »

Douze ans plus tard, elle a éprouvé le besoin de changer d’air. Elle est alors devenue responsable des relations avec la communauté. « On est passés de la répression à la prévention. C’était intéressant. J’ai travaillé avec plusieurs partenaires. J’ai rencontré plein de personnes; des aînés et des enfants. »

« Souriante, rigoureuse, disponible, ouverte et investie. » Lucie Poirier a laissé de bonnes impressions auprès de ses collègues de travail, souligne la porte-parole de la Sûreté du Québec en Montérégie, Ingrid Asselin.

Mme Poirier compte prendre une pause de quelques mois pour profiter de la vie. S’impliquera-t-elle dans la communauté dans les prochaines années? « Je vais sûrement m’ennuyer de mon travail », dit-elle avec le sourire.

Une femme qui n’a pas froid aux yeux

Entrevue de la semaine

Sarah-Eve Charland sarah-eve.charland@tc.tc Publié le 21 mars 2016

La policière Lucie Poirier s’est impliquée dans la région au cours des 33 dernières années.

©TC Média - Sarah-Eve Charland


Chaque semaine, le «Journal» présentera une entrevue avec un personnage ayant marqué le milieu régional par son implication ou ses actions. La policière Lucie Poirier, qui a été la première femme à intégrer le service de police de Sorel en 1983, a bien voulu raconter sa carrière alors qu’elle prend sa retraite aujourd’hui, le 22 mars.

Rencontrée quelques jours avant sa retraite, Mme Poirier, âgée de 55 ans, était fébrile de laisser son uniforme de la Sûreté du Québec. Mais elle a le sentiment du devoir accompli.

« Je pense avoir donné pour ma région. J’ai touché à plusieurs aspects du métier. Je suis fière de ma carrière », affirme-t-elle.

Sa carrière a commencé d’une façon inhabituelle alors qu’elle a intégré le service policier de Sorel, un milieu entièrement composé d’hommes, en 1983.

« Quand j’étais jeune, je ne savais pas quoi faire comme métier. Je ne voulais pas d’une job de bureau et je voulais aider les gens. J’aimais bien être dans les cadets. Lorsque mon père m’a dit qu’on acceptait des femmes en technique policière, je me suis lancée là-dedans. C’était ma vocation », raconte-t-elle.

Intégrer ce milieu masculin n’a pas été une simple tâche. Armée de son caractère, elle a su se forger une place, assure-t-elle.

« Même une femme que j’avais interceptée ne voulait pas se faire donner une contravention par une femme! J’ai prouvé que je pouvais être une bonne policière auprès de la génération précédente de policiers. Il n’y a pas que la force physique. J’ai réussi à démontrer qu’on pouvait faire le travail, mais en communiquant. J’ai apporté ma touche féminine. »

Multitâches

Après avoir patrouillé pendant 13 ans, elle s’est retrouvée aux enquêtes criminelles, spécialisée dans les agressions sexuelles et les abus d’enfants.

« J’ai eu à rencontrer des victimes de tous âges. C’était quelque chose. Quand on réussit à avoir des aveux ou à faire emprisonner un criminel, c’est un grand soulagement. Après avoir mis autant de temps et d’efforts, on ressent le sentiment du devoir accompli. »

Douze ans plus tard, elle a éprouvé le besoin de changer d’air. Elle est alors devenue responsable des relations avec la communauté. « On est passés de la répression à la prévention. C’était intéressant. J’ai travaillé avec plusieurs partenaires. J’ai rencontré plein de personnes; des aînés et des enfants. »

« Souriante, rigoureuse, disponible, ouverte et investie. » Lucie Poirier a laissé de bonnes impressions auprès de ses collègues de travail, souligne la porte-parole de la Sûreté du Québec en Montérégie, Ingrid Asselin.

Mme Poirier compte prendre une pause de quelques mois pour profiter de la vie. S’impliquera-t-elle dans la communauté dans les prochaines années? « Je vais sûrement m’ennuyer de mon travail », dit-elle avec le sourire.