Festival de la gibelotte : une nouvelle ère à l’horizon

Le déficit grimpe à 64 000$

Julie Lambert julie.lambert@tc.tc Publié le 5 février 2016

Le nouveau président du Festival de la gibelotte, Benoît Lefebvre, a dévoilé les états financiers le 4 février dernier.

©Photo : TC Média – Julie Lambert

À cinq mois de l’événement, le temps est compté pour les administrateurs du Festival de la gibelotte qui ont confirmé un cinquième déficit consécutif s’élevant à 64 309$. Pour redresser la situation, ils songent à instaurer une nouvelle ère au Festival pour sa 39e édition : réduction de l’événement à cinq jours, maintien d’une seule scène de spectacle et création d’une zone ciblée fermée et payante au centre-ville.

Selon le rapport financier déposé lors de l’assemblée générale annuelle, le déficit est passé de 9040$ en 2014 à 64 309$ en 2015 sur un budget de 1,3 M$. Malgré le beau temps qui était au rendez-vous et un achalandage élevé lors du premier week-end, les gens ont été moins nombreux à profiter des activités prévues à la fin de l’événement qui se déroulait du 3 au 11 juillet 2015.

Le comptable Pierre Bibeau est venu expliquer qu’une partie du déficit provenait d’un montant dû au Festival par le Bingo Bas-Richelieu (43 924$) et d’un litige avec l’entreprise Chapiteau Laval en 2014 (10 980$). L’ancien directeur des communications du Festival, Laurent Cournoyer, estime donc que le déficit réel d’opération est de 9405$, si on soustrait ces deux montants. « Et ce, malgré la coupure de financement de la Ville de 40% », commente-t-il.

Dans leur post-mortem, les administrateurs ont noté que les changements apportés notamment à la scène du marché Richelieu (spectacles payants) et de la vente de bracelet d’un soir ont bien fonctionné tout comme les revenus accumulés grâce aux jeux gonflables payants cette année (12 665$).

Pour une deuxième année consécutive, la prévente de cartes d’accès n’a pas eu le succès escompté. Alors que les ventes se chiffraient à 6550 en 2013, elles sont descendues à 5250 en 2014 et à 3865 en 2015.

Aujourd’hui, on évalue si on a encore les reins assez solides pour mettre en place le Festival.

Le président Benoit Lefebvre

Une recette à changer

Le nouveau président du Festival, Benoit Lefebvre, a avoué qu’il est arrivé au sein de l’organisation dans un contexte difficile. Les administrateurs sont en train de travailler un plan de redressement pour rembourser la dette sur trois ans et discutent avec la municipalité au sujet d’une solution concernant les fournisseurs impayés.

Encore en réflexion avant de se lancer dans l’organisation de la prochaine édition, le conseil d'administration a toutefois statué que le Festival se déroulera désormais sur cinq jours, qu’il y aurait une seule scène principale (au marché Richelieu et non au Quai Richelieu) et une zone ciblée payante et fermée au centre-ville.

Les administrateurs ne feront également plus appel à des employés. Les honoraires professionnels de la direction générale, des anciens directeurs (artistique et communications) Martin Pelland et Laurent Cournoyer, ainsi que de la trentaine d’employés engagés s’élevaient à 164 255$.

« Nous sommes dans un contexte de réduction des dépenses. Nous sommes résolus à maintenir le Festival et à le faire avec bon goût. On a un énorme défi et il faut voir les choses différemment. On essaie de trouver une solution qui nous permettrait d’avoir un fonds de roulement pour nous aider », a souligné M. Lefebvre devant l’assemblée réunie au centre culturel de Sorel-Tracy.

Questionné par le Journal sur les décisions prises par les membres du conseil d’administration lors du dernier plan de redressement en 2013, M. Lefebvre n’a pas voulu commenter. Selon lui, « il faut faire table rase du passé et se tourner vers l’avenir. »

 « Si on n’essaie rien, on n’avance pas, ajoute le membre du c.a. et ex-président, Sylvio Bouchard. Nous avions des nouvelles personnes, des nouvelles idées et nous avons eu grâce à ça beaucoup plus de visibilité à l’extérieur. Nous avons gagné des prix, mais cela ne nous a pas amené plus de monde de la région ou de l’argent avec les cartes d’accès. »

Les membres du conseil d’administration confirmeront dans quelques semaines s’ils iront de l’avant pour une nouvelle édition plus modeste. Le temps est toutefois compté, puisqu’il reste cinq mois avant l’événement et que les demandes de financement devront être envoyées rapidement.

« La Ville n’est pas un buffet à volonté » - le maire Serge Péloquin

> Alors que les administrateurs du Festival de la gibelotte ont confirmé un nouveau déficit et la mise en place d’un événement plus modeste, la municipalité n’a pas l’intention de mettre un sou de plus dans l’événement.

Le maire Serge Péloquin n’a pas voulu commenter la direction que semblent prendre les administrateurs du Festival.

L’offre de la municipalité restera la même : 90 000$ de subvention, dont 57 000$ d’avance pour payer les fournisseurs, soutient le maire.

La Ville endosse déjà la marge de crédit de 150 000$ et le Festival a contracté un emprunt de 25 000$ en 2013. Sa situation financière n’est pas reluisante et la gestion des administrateurs n’a pas été à la hauteur, croit-il.

« Les administrateurs ne peuvent pas faire table rase du passé. Le temps presse, les administrateurs présentent leurs états financiers sept mois après la tenue de l’événement. Le nouveau c.a savait dans quoi il s’embarquait, un truc en faillite. »

Il est de la responsabilité de la Ville, mais aussi des gestionnaires de l’événement de bien gérer les fonds publics, affirme-t-il.

« Il est fini le temps où les gestionnaires du Festival venaient cogner à la porte de la Ville quand il faisait un déficit. Nous avons rencontré à deux reprises M. Lefebvre qui nous a présenté son plan, mais nous lui avons demandé des chiffres. Il faut un modèle d’affaires viable, une solution pour rembourser la dette et une gestion plus rigoureuse », croit-il.

Même si M. Lefebvre propose un plan de redressement de la dette sur trois ans, M. Péloquin demeure prudent. Depuis son entrée en poste, ce n’est pas la première fois que les administrateurs du Festival présentent des plans pour y arriver, rétorque-t-il.

À lire aussi:

- Demande financière refusée par la Ville: le Festival réagit

- La Ville refuse de payer les pots cassés du Festival de la gibelotte

- « On ne peut pas garder un festival si les gens refusent de payer » - Sylvio Bouchard

Quelques chiffres du budget

Dépenses

2015 2014
Placements Médias (Radio, journal, etc) 380 837$ 443 545$
Publicité et promotion 26 877$ 98 751$
Frais d’activités (Aménagement du site, honoraires des spectacles, dépenses loges corporatives et Tapis Rouge, etc.) 639 115$ 670 208$
Frais administratifs (honoraires des directeurs et professionnels, sécurité, frais de déplacement et de représentation, loyer, etc.) 313 700$ 208 055$
Déficit 64 309$ 9040$
Revenus    
Bingo 7762$ 17 199$
Bière, vin et boissons 149 422$ 156 246$
Carte d’accès et bracelets 207 481$ 256 204$
Course à pied 35 581$ 3968$
Jeux gonflable 12 665$  -  
Week-end des chefs 17 101$ 12 828$
Revenus total
1 309 100$ 1 404 482$

En manchette

Les cinq candidats ont dépensé plus de 255 000$ pendant la campagne

La longue campagne électorale de 78 jours aura coûté cher aux cinq candidats dans Bécancour-Nicolet-Saurel lors des élections fédérales en octobre 2015. En tout, 255 757,19$ ont été dépensés par les candidats (presque que le double de 2011), dont 136 564,85$ par le député du Bloc québécois, Louis Plamondon.

Festival de la gibelotte : une nouvelle ère à l’horizon

Le déficit grimpe à 64 000$

Julie Lambert julie.lambert@tc.tc Publié le 5 février 2016

Le nouveau président du Festival de la gibelotte, Benoît Lefebvre, a dévoilé les états financiers le 4 février dernier.

©Photo : TC Média – Julie Lambert


À cinq mois de l’événement, le temps est compté pour les administrateurs du Festival de la gibelotte qui ont confirmé un cinquième déficit consécutif s’élevant à 64 309$. Pour redresser la situation, ils songent à instaurer une nouvelle ère au Festival pour sa 39e édition : réduction de l’événement à cinq jours, maintien d’une seule scène de spectacle et création d’une zone ciblée fermée et payante au centre-ville.

Selon le rapport financier déposé lors de l’assemblée générale annuelle, le déficit est passé de 9040$ en 2014 à 64 309$ en 2015 sur un budget de 1,3 M$. Malgré le beau temps qui était au rendez-vous et un achalandage élevé lors du premier week-end, les gens ont été moins nombreux à profiter des activités prévues à la fin de l’événement qui se déroulait du 3 au 11 juillet 2015.

Le comptable Pierre Bibeau est venu expliquer qu’une partie du déficit provenait d’un montant dû au Festival par le Bingo Bas-Richelieu (43 924$) et d’un litige avec l’entreprise Chapiteau Laval en 2014 (10 980$). L’ancien directeur des communications du Festival, Laurent Cournoyer, estime donc que le déficit réel d’opération est de 9405$, si on soustrait ces deux montants. « Et ce, malgré la coupure de financement de la Ville de 40% », commente-t-il.

Dans leur post-mortem, les administrateurs ont noté que les changements apportés notamment à la scène du marché Richelieu (spectacles payants) et de la vente de bracelet d’un soir ont bien fonctionné tout comme les revenus accumulés grâce aux jeux gonflables payants cette année (12 665$).

Pour une deuxième année consécutive, la prévente de cartes d’accès n’a pas eu le succès escompté. Alors que les ventes se chiffraient à 6550 en 2013, elles sont descendues à 5250 en 2014 et à 3865 en 2015.

Aujourd’hui, on évalue si on a encore les reins assez solides pour mettre en place le Festival.

Le président Benoit Lefebvre

Une recette à changer

Le nouveau président du Festival, Benoit Lefebvre, a avoué qu’il est arrivé au sein de l’organisation dans un contexte difficile. Les administrateurs sont en train de travailler un plan de redressement pour rembourser la dette sur trois ans et discutent avec la municipalité au sujet d’une solution concernant les fournisseurs impayés.

Encore en réflexion avant de se lancer dans l’organisation de la prochaine édition, le conseil d'administration a toutefois statué que le Festival se déroulera désormais sur cinq jours, qu’il y aurait une seule scène principale (au marché Richelieu et non au Quai Richelieu) et une zone ciblée payante et fermée au centre-ville.

Les administrateurs ne feront également plus appel à des employés. Les honoraires professionnels de la direction générale, des anciens directeurs (artistique et communications) Martin Pelland et Laurent Cournoyer, ainsi que de la trentaine d’employés engagés s’élevaient à 164 255$.

« Nous sommes dans un contexte de réduction des dépenses. Nous sommes résolus à maintenir le Festival et à le faire avec bon goût. On a un énorme défi et il faut voir les choses différemment. On essaie de trouver une solution qui nous permettrait d’avoir un fonds de roulement pour nous aider », a souligné M. Lefebvre devant l’assemblée réunie au centre culturel de Sorel-Tracy.

Questionné par le Journal sur les décisions prises par les membres du conseil d’administration lors du dernier plan de redressement en 2013, M. Lefebvre n’a pas voulu commenter. Selon lui, « il faut faire table rase du passé et se tourner vers l’avenir. »

 « Si on n’essaie rien, on n’avance pas, ajoute le membre du c.a. et ex-président, Sylvio Bouchard. Nous avions des nouvelles personnes, des nouvelles idées et nous avons eu grâce à ça beaucoup plus de visibilité à l’extérieur. Nous avons gagné des prix, mais cela ne nous a pas amené plus de monde de la région ou de l’argent avec les cartes d’accès. »

Les membres du conseil d’administration confirmeront dans quelques semaines s’ils iront de l’avant pour une nouvelle édition plus modeste. Le temps est toutefois compté, puisqu’il reste cinq mois avant l’événement et que les demandes de financement devront être envoyées rapidement.

« La Ville n’est pas un buffet à volonté » - le maire Serge Péloquin

> Alors que les administrateurs du Festival de la gibelotte ont confirmé un nouveau déficit et la mise en place d’un événement plus modeste, la municipalité n’a pas l’intention de mettre un sou de plus dans l’événement.

Le maire Serge Péloquin n’a pas voulu commenter la direction que semblent prendre les administrateurs du Festival.

L’offre de la municipalité restera la même : 90 000$ de subvention, dont 57 000$ d’avance pour payer les fournisseurs, soutient le maire.

La Ville endosse déjà la marge de crédit de 150 000$ et le Festival a contracté un emprunt de 25 000$ en 2013. Sa situation financière n’est pas reluisante et la gestion des administrateurs n’a pas été à la hauteur, croit-il.

« Les administrateurs ne peuvent pas faire table rase du passé. Le temps presse, les administrateurs présentent leurs états financiers sept mois après la tenue de l’événement. Le nouveau c.a savait dans quoi il s’embarquait, un truc en faillite. »

Il est de la responsabilité de la Ville, mais aussi des gestionnaires de l’événement de bien gérer les fonds publics, affirme-t-il.

« Il est fini le temps où les gestionnaires du Festival venaient cogner à la porte de la Ville quand il faisait un déficit. Nous avons rencontré à deux reprises M. Lefebvre qui nous a présenté son plan, mais nous lui avons demandé des chiffres. Il faut un modèle d’affaires viable, une solution pour rembourser la dette et une gestion plus rigoureuse », croit-il.

Même si M. Lefebvre propose un plan de redressement de la dette sur trois ans, M. Péloquin demeure prudent. Depuis son entrée en poste, ce n’est pas la première fois que les administrateurs du Festival présentent des plans pour y arriver, rétorque-t-il.

À lire aussi:

- Demande financière refusée par la Ville: le Festival réagit

- La Ville refuse de payer les pots cassés du Festival de la gibelotte

- « On ne peut pas garder un festival si les gens refusent de payer » - Sylvio Bouchard

Quelques chiffres du budget

Dépenses

2015 2014
Placements Médias (Radio, journal, etc) 380 837$ 443 545$
Publicité et promotion 26 877$ 98 751$
Frais d’activités (Aménagement du site, honoraires des spectacles, dépenses loges corporatives et Tapis Rouge, etc.) 639 115$ 670 208$
Frais administratifs (honoraires des directeurs et professionnels, sécurité, frais de déplacement et de représentation, loyer, etc.) 313 700$ 208 055$
Déficit 64 309$ 9040$
Revenus    
Bingo 7762$ 17 199$
Bière, vin et boissons 149 422$ 156 246$
Carte d’accès et bracelets 207 481$ 256 204$
Course à pied 35 581$ 3968$
Jeux gonflable 12 665$  -  
Week-end des chefs 17 101$ 12 828$
Revenus total
1 309 100$ 1 404 482$