« On doit tous payer pour la protection du fleuve » - Serge Péloquin

Louise Grégoire-Racicot louise.gregoire-racicot@tc.tc Publié le 3 décembre 2015

Le maire Serge Péloquin rappelle que le fleuve est un bien public que tous doivent protéger.

©Photo: Gracieuseté – Ville de Sorel-Tracy

Les commentaires du professeur Gilbert Cabana sur la mauvaise qualité de l’eau dans les îles de Sorel a sonné l’alarme. « Surtout que l’eau est notre fonds de commerce », a réagi le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

Il appartiendra à chaque municipalité de voir comment le faire.

Serge Péloquin

Ce déversement a bousculé la vision des choses, dit-il. « Toutes les villes ont du travail à faire, à commencer par Montréal qui doit régler une fois pour toutes la désinfection de ses eaux usées. »

Le maire Denis Coderre a pris des engagements fermes, dans une lettre signée le 10 novembre, explique M. Péloquin, que l’ozonation des eaux usées sera chose faite en 2018.

« Mais on a aussi réalisé que toutes les municipalités ont des surverses par temps de grandes pluies ou de fonte des neiges. Il faut que nous aussi fassions ce qu’il faut pour réduire ces surverses, d’autant qu’avec les changements climatiques, elles risquent d’être plus fréquentes. »

Un bien public

Cela implique de repenser les infrastructures, poursuit-il. « Le fleuve est un bien public dont il faudra partager le prix de sa protection. Mais tous ne contribuent pas à le conserver. Il appartiendra à chaque municipalité de voir comment le faire. »

Il faut donner l’exemple, battre la marche, lancer un appel à toutes les municipalités et aux gouvernements.

« La protection de l’environnement a un prix qu’il faut payer. Chose certaine, on ne peut plus dire: je ne le savais pas. Nos citoyens veulent un fleuve de qualité auquel avoir accès. Jusqu’à maintenant, personne n’a fait sa <I>job<I> pour y arriver. »

Pour contrer cela, il songe à la création d’un camp de base du Saint-Laurent pour comprendre le fleuve, le sonder, pour intervenir de la bonne façon. « L’eau est irremplaçable. Il faut l’aborder de façon différente et le faire en concertation. »

Michel Péloquin estomaqué

Pour sa part, le maire de Sainte-Anne-de-Sorel, Michel Péloquin, était estomaqué, mercredi matin, d’apprendre que Montréal ne désinfecterait ses eaux usées que six mois par année. « Je dois me faire confirmer cette nouvelle, mais je trouverais inconcevable qu’il en soit ainsi. » 

Au centre du fleuve, l’eau est exécrable alors qu’on a toujours pensé que c’était mieux, dit-il. « On sait fort bien que nos eaux sont polluées essentiellement par Montréal. Le panache se trouve au milieu du fleuve. »

Rappelons que le long du chenal aux Corbeaux, il y a beaucoup de villégiature. Mais on n’a pas pris de relevés à l’île des Barques où les gens vont se baigner.

Dès 2003, Marcel Robert, qui était maire de Sorel-Tracy, et celui de Saint-Joseph-de-Sorel, Olivar Gravel, dénonçaient cet état de fait, souligne-t-il, disant qu’il faut que cela arrête. « L’idée d’une mobilisation régionale ne peut que faire son chemin. Ce milieu est trop fragile pour qu’on ne fasse rien », termine Michel Péloquin.

Un dur coup pour le tourisme

Le président de l’Office de tourisme, Marc Mineau, déplore les impacts négatifs que peut avoir une telle constatation d’insalubrité de l’eau de la région.

Le tourisme s’appuie sur la notoriété d’un milieu, explique-t-il . « L’étude n’aide certes pas à avoir une image d’un milieu naturel invitant. Ça nous oblige à se relever les manches. Nous vivons dans un milieu au potentiel exceptionnel mais fragile. »

Le maire Serge Péloquin s’en inquiète aussi. Le projet Écomonde, qu’il a conçu, axé sur la réserve mondiale, repose sur l’attrait et l’identité de ce territoire relié à la biodiversité et à la richesse de ce patrimoine naturel.

« Ce qu’on cherche à y faire, c’est précisément sensibiliser à sa fragilité. »

Réserve mondiale?

Pourra-t-elle conserver son statut de Réserve mondiale de l’UNESCO?

Cela met en péril la reconnaissance de ce statut, estime M. Mineau. L’UNESCO fait des audits tous les 10 ans. Le dernier remonte à cinq ans.

« Il faudra prouver les efforts faits par le milieu pour le conserver. Ça donne un coup surtout que nous avons de la difficulté à nous identifier comme destination touristique. Il faudra se relever les manches, faire nos preuves. »

À la recherche d’un porteur

Normand Gariépy d’Innosphère – Solutions durables, fut porteur de la démarche de reconnaissance de la Biosphère. Il est moins inquiet.

« On ne peut faire grand-chose pour contrer l’agresseur. Cependant, les élus s’érigent contre le transport pétrolier mais font peu pour la qualité de l’eau! Pourtant, il y a là de lourds enjeux. »

Il appartient désormais aux citoyens d’exiger qu’ils interviennent. « Quand ils l’ont fait pour le pétrole, ça a marché. Il faudra trouver un élu qui prendra les devants, soutenu par sa population », insiste-t-il.

Il rappelle que la Réserve mondiale avait été reconnue à cause notamment des efforts faits par les entreprises du milieu pour cohabiter avec la nature. « Pour le moment, on sera utilisé comme exemple à ne pas suivre! »

En manchette

La Sûreté du Québec a les plaisanciers à l'oeil

C'est le temps de vacances, comme le chantait le regretté Pierre Lalonde, le temps de la pêche et surtout, des activités nautiques telles la planche à voile, le «paddle board», la motomarine, la plage et les "p'tits tours en bateau", à voile et à moteur.

« On doit tous payer pour la protection du fleuve » - Serge Péloquin

Louise Grégoire-Racicot louise.gregoire-racicot@tc.tc Publié le 3 décembre 2015

Le maire Serge Péloquin rappelle que le fleuve est un bien public que tous doivent protéger.

©Photo: Gracieuseté – Ville de Sorel-Tracy


Les commentaires du professeur Gilbert Cabana sur la mauvaise qualité de l’eau dans les îles de Sorel a sonné l’alarme. « Surtout que l’eau est notre fonds de commerce », a réagi le maire de Sorel-Tracy, Serge Péloquin.

Il appartiendra à chaque municipalité de voir comment le faire.

Serge Péloquin

Ce déversement a bousculé la vision des choses, dit-il. « Toutes les villes ont du travail à faire, à commencer par Montréal qui doit régler une fois pour toutes la désinfection de ses eaux usées. »

Le maire Denis Coderre a pris des engagements fermes, dans une lettre signée le 10 novembre, explique M. Péloquin, que l’ozonation des eaux usées sera chose faite en 2018.

« Mais on a aussi réalisé que toutes les municipalités ont des surverses par temps de grandes pluies ou de fonte des neiges. Il faut que nous aussi fassions ce qu’il faut pour réduire ces surverses, d’autant qu’avec les changements climatiques, elles risquent d’être plus fréquentes. »

Un bien public

Cela implique de repenser les infrastructures, poursuit-il. « Le fleuve est un bien public dont il faudra partager le prix de sa protection. Mais tous ne contribuent pas à le conserver. Il appartiendra à chaque municipalité de voir comment le faire. »

Il faut donner l’exemple, battre la marche, lancer un appel à toutes les municipalités et aux gouvernements.

« La protection de l’environnement a un prix qu’il faut payer. Chose certaine, on ne peut plus dire: je ne le savais pas. Nos citoyens veulent un fleuve de qualité auquel avoir accès. Jusqu’à maintenant, personne n’a fait sa <I>job<I> pour y arriver. »

Pour contrer cela, il songe à la création d’un camp de base du Saint-Laurent pour comprendre le fleuve, le sonder, pour intervenir de la bonne façon. « L’eau est irremplaçable. Il faut l’aborder de façon différente et le faire en concertation. »

Michel Péloquin estomaqué

Pour sa part, le maire de Sainte-Anne-de-Sorel, Michel Péloquin, était estomaqué, mercredi matin, d’apprendre que Montréal ne désinfecterait ses eaux usées que six mois par année. « Je dois me faire confirmer cette nouvelle, mais je trouverais inconcevable qu’il en soit ainsi. » 

Au centre du fleuve, l’eau est exécrable alors qu’on a toujours pensé que c’était mieux, dit-il. « On sait fort bien que nos eaux sont polluées essentiellement par Montréal. Le panache se trouve au milieu du fleuve. »

Rappelons que le long du chenal aux Corbeaux, il y a beaucoup de villégiature. Mais on n’a pas pris de relevés à l’île des Barques où les gens vont se baigner.

Dès 2003, Marcel Robert, qui était maire de Sorel-Tracy, et celui de Saint-Joseph-de-Sorel, Olivar Gravel, dénonçaient cet état de fait, souligne-t-il, disant qu’il faut que cela arrête. « L’idée d’une mobilisation régionale ne peut que faire son chemin. Ce milieu est trop fragile pour qu’on ne fasse rien », termine Michel Péloquin.

Un dur coup pour le tourisme

Le président de l’Office de tourisme, Marc Mineau, déplore les impacts négatifs que peut avoir une telle constatation d’insalubrité de l’eau de la région.

Le tourisme s’appuie sur la notoriété d’un milieu, explique-t-il . « L’étude n’aide certes pas à avoir une image d’un milieu naturel invitant. Ça nous oblige à se relever les manches. Nous vivons dans un milieu au potentiel exceptionnel mais fragile. »

Le maire Serge Péloquin s’en inquiète aussi. Le projet Écomonde, qu’il a conçu, axé sur la réserve mondiale, repose sur l’attrait et l’identité de ce territoire relié à la biodiversité et à la richesse de ce patrimoine naturel.

« Ce qu’on cherche à y faire, c’est précisément sensibiliser à sa fragilité. »

Réserve mondiale?

Pourra-t-elle conserver son statut de Réserve mondiale de l’UNESCO?

Cela met en péril la reconnaissance de ce statut, estime M. Mineau. L’UNESCO fait des audits tous les 10 ans. Le dernier remonte à cinq ans.

« Il faudra prouver les efforts faits par le milieu pour le conserver. Ça donne un coup surtout que nous avons de la difficulté à nous identifier comme destination touristique. Il faudra se relever les manches, faire nos preuves. »

À la recherche d’un porteur

Normand Gariépy d’Innosphère – Solutions durables, fut porteur de la démarche de reconnaissance de la Biosphère. Il est moins inquiet.

« On ne peut faire grand-chose pour contrer l’agresseur. Cependant, les élus s’érigent contre le transport pétrolier mais font peu pour la qualité de l’eau! Pourtant, il y a là de lourds enjeux. »

Il appartient désormais aux citoyens d’exiger qu’ils interviennent. « Quand ils l’ont fait pour le pétrole, ça a marché. Il faudra trouver un élu qui prendra les devants, soutenu par sa population », insiste-t-il.

Il rappelle que la Réserve mondiale avait été reconnue à cause notamment des efforts faits par les entreprises du milieu pour cohabiter avec la nature. « Pour le moment, on sera utilisé comme exemple à ne pas suivre! »